Sur les chemins de Compostelle avec Pierre…

« Bonjour Gaële,

Plus de 700 kilomètres sous mes pieds et derrière moi.
De la Haute-Loire au Lozère, des sentiers escarpés, dénivelés, boueux et rocailleux en forêts, mais aussi des paysages à couper le souffle, faits de crêtes, de plateaux, de dénivelés, de dégradés de verts lumineux.
Mais il y a aussi le gazouillis des fleurs et les effluves des oiseaux… Si ce n’est pas le contraire!
De Lozère à l’Aveyron, des chemins de transhumance, de pâturages et de vaches… celles-ci venant vers nous tranquillement et gentiment (mais cela on ne le sait qu’une fois le troupeau passé, troupeau sans taureau autant que faire se peut…), humant le contenu de nos sacs à dos à la recherche de fruits et de friandises.
Sur ces hauts plateaux de l’Aubrac, on marche souvent la tête dans les nuages et les pieds dans la bouse, apercevant au loin le clocher de l’église ou la tour du château du prochain village… qui nous attendent davantage qu’ils nous appellent.
Puis l’Aveyron se profile, charpentée par le Lot et ses villages d’un autre temps, ramassés en maisons de pierres aux charpentes apparentes, aux toits d’ardoises ou de chaume ou je ne sais quoi, aux volets multicolores: Saint Côme, Espalion, Estaing, Conques, etc.: rien vu de plus beaux !
Les chemins de transhumance des hauts plateaux deviennent graduellement, en Aveyron et dans le Lot, des cultures maraîchères, des cultures de petits et moyens fruits. Puis quelques champs d’oliviers surgissent, avant de laisser la place, dans le Gers, aux champs agréablement interminables de tournesols et aux vignobles alignés en rangs d’oignons destinés à la fabrication de l’Armagnac… un médicament moyenâgeux, paraît-il!? Vous devinez sans doute la santé que je suis en train de me construire…
Je savais que la France avait une agriculture riche et variée, mais il n’y a rien comme le voir, comme circuler au sein des pâturages, des champs de blé, de maïs, (rabougris, çà et là, par la sécheresse), des vignobles, des poiriers, des pêchers et des champs de tournesols, ces derniers déjà munis ou non de soleils d’or.
Enfin, ce fut la traversée des Landes, avec ces interminables champs de blé, traversée préalable au dernier droit vers Saint-Jean-Pied-de-Port. Là, en toile de fond, la barrière des Pyrénées surgit, se découpe de plus en plus clairement, provoquant à la fois frisions et espoirs.
L’entrée dans Saint-Jean-de-Port par la porte Saint-Jacques est grandiose, tout à la fois, parce qu’elle ouvre sur un village rempli d’histoire, mais aussi parce qu’elle contient la fin d’un parcours et le début d’un autre chemin…
Plus de 700 kilomètres sans trouver trace de Dieu, de Jésus et de Marie, mais où la trace de l’humain est partout visible, surtout celle de ses pieds découvreurs et de ses mains architectes.
Enivrant tout cela!

Meilleures salutations,

Pierre »

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